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Journal de la littérature, des idées et des arts 13/05 – 26/05 2026

En attendant Nadeau

Ocean Vuong L'Empereur de la joie Gallimard Hugo Pradelle
Duc Ly « Ink on paper 2014 » (détail) © CC BY-SA 2.0/Duc Ly/ Flickr

Quand le roman se fait poème

Avec L’empereur de la joie, Ocean Vuong confirme un immense talent de romancier. Il signe une bouleversante fiction sociale à la hauteur de notre présent et un manifeste esthétique pour une poétisation du roman. Une lecture rare, forte, infiniment précieuse.

Éditorial

Quelle Méditerranée ?

Non une barrière, mais un brassage de cultures, d’échanges, de diversités. Notre dossier sur la Saison Méditerranée 2026 en témoigne d’emblée, avec quatre articles sur quatre pays différents, abordant la question du passage d’une langue à l’autre, de la traduction  – ou de son absence – et du plurilinguisme. Maya Ouabadi analyse deux livres posthumes d’Assia Djebar qui montrent combien cette écrivaine centrale des lettres algériennes était une « écouteuse des langues ».

Sommaire

Michèle Finck
L’arrière-silence
par la rédaction d’EaN
Bruno Grégoire
Et amarres invisibles
par la rédaction d’EaN
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Tash Aw, Le Sud,
Une photo de la canopée vue depuis le sol de la forêt du parc du Kinabalu (Malaisie) © CC BY-SA 4.0/Jeffelvin89/WikiCommons

L’ombre chinoise

Dans Le Sud, Tash Aw, l’un des plus grands écrivains contemporains de langue anglaise, aborde avec sensibilité la question des diverses exclusions présentes dans la Malaisie contemporaine. Son roman, d’une beauté sombre, tout en retenue, est un chef-d’œuvre.
Tariq Ali, On ne peut pas plaire à tout le monde. Mémoires 1943-2024
Tariq Ali © Nina Subin

Un enfant gâté

Les mémoires de Tariq Ali, On ne peut pas plaire à tout le monde, constituent un témoignage précieux. On y entend une fidélité inébranlable aux convictions et aux engagements qui portent sa vie entière.

SAISON MÉDITERRANÉE


Lamine Amma-khodja, auteur de La partie immergée de l'iceberg : Éloge du GPS algérien,
Alger © Noame Toumiat

La littérature, l’Algérie, la politique, la France

Saison Méditerranée 2026 – Lamine Ammar-khodja, auteur de La partie immergée de l’iceberg. Éloge du GPS algérien, nous livre certaines réflexions personnelles sur le contexte politique actuel et le rôle que peut jouer la littérature dans la relation complexe qu’entretiennent la France et l’Algérie.
Salim Bachi, Rocher des proscrits
Salim Bachi © Jean-Luc Bertini

« L’âne d’or est un grand roman algérien » : entretien avec Salim Bachi

Saison Méditerranée 2026 – Le romancier algérien Salim Bachi partage sa vision de la littérature, alors que l’histoire ou la politique prennent le pas sur l’art, et explique comment être écrivain dans un espace en perpétuelle tourmente.
Mémoires de la guerre d'Algérie / Jean-Yves Potel
Camp de regroupement en petite Kabylie (Bordj Tahar), 1959 © Michel Bugeaud

Mémoires de guerre d’Algérie

Saison Méditerranée 2026 – Deux livres font resurgir la mémoire de la guerre d’Algérie. Mascare, petite-fille d’un harki, crie sa colère. Lorraine Rossignol revient sur la réalité occultée des « camps de regroupement » organisés par l’armée française. Des lectures nécessaires.
Samia Henni, Toxicité coloniale - Documenter le paysage radioactif dans le Sahara
In Ekker (2014) © CC BY-SA 3.0/Wikikorps/WikiCommons

Sahara radioactif

Saison Méditerranée 2026 – Dans Toxicité coloniale, Samia Henni revient sur des faits passés sous silence. Elle rappelle ce qu’ont été les essais nucléaires français en Algérie coloniale et fraîchement indépendante. Un ouvrage salutaire.
Tous les mercredis, notre newsletter vous informe de l’actualité en littérature, en arts et en sciences humaines.
Galia Ackerman Le KGB à Tchernobyl. Une plongée inédite dans les archives ukrainiennes Sébastien Navarro Malvési, Christopher Hill, Le Monde à l’envers. Histoire des idées radicales dans la Révolution anglaise Michel Tremblay Paris en vrac
Ruine d’une maison (Tchernobyl, 2019) © CC0/WikiCommons

En bref

Que faire de notre histoire et de ses traumatismes, comment la penser ? Et devant le désarroi qui nous saisit parfois à y réfléchir, nous trouvons des moyens de se réconforter.

Jean-Pierre Siméon/ Un non pour un oui.
Jean-Pierre Siméon (2026) © Francesca Mantovani/Gallimard

Savoir-vivre en poésie

Pour Jean-Pierre Siméon, la poésie est une manière d’être, de vivre et de penser. Il y a dans Un non pour un oui un souffle lyrique qui fait trop souvent défaut à la poésie d’aujourd’hui.
Aimé Césaire Kora Véron En attendant Nadeau
Couverture de « Discourse on Colonialism », Aimé Césaire (1952)© Monthly Review Press

Une nouvelle archive de « Cahier d’un retour au pays natal »

On fait souvent des trouvailles exceptionnelles dans les archives. Découvrir à la Bibliothèque de l’Alcazar de Marseille une version dactylographiée antérieure à celle publiée de Cahier d’un retour au pays natal d’Aimé Césaire fait lire autrement un poème phare. C’est une très belle surprise.
Thomas Ligotti, le fantastique se situe à l'intersection de Lovecraft et de Kafka. Les treize nouvelles de Teatro Grottesco
« Ville perdue », Fernand Khnopff (1904) © CC0/WikiCommons

Un théâtre du néant

Chez Thomas Ligotti, le fantastique conjugue hantises fondamentales et humour du désastre. À l’intersection de Lovecraft et de Kafka, les treize nouvelles de Teatro Grottesco composent un recueil majeur de l’angoisse contemporaine.
Jean-François Hamel entreprend, dans Les feuilles de l'après-mai
« Nous sommes le pouvoir ». Tract de Mai 68 © Gallica/BnF

Écritures de l’après-mai

Dans Les feuilles de l’après-mai, Jean-François Hamel montre la créativité des écritures contestataires et collectives du début des années 1970. Il  propose une analyse fine et originale de ces écritures subversives et follement inventives.
Jean-Christophe Gay (dir.) | Une géohistoire de la Côte d’Azur
Affiche de David Dellepiane (1866-1932) pour les trains rapides allant à la Côte d’Azur (Détail) © CC0/WikiCommons

Une mise en tourisme

La Côte d’Azur c’est la Promenade des Anglais, Saint-Trop’, le glamour de la Croisette et le commissaire Maigret les pieds dans l’eau… Un livre dense qui nous raconte comment elle devenue cette destination touristique mondiale.

Un quartier de Paris en juin 1848

Avec L’acropole des va-nu-pieds, Philippe Darriulat renouvelle vraiment l’historiographie de la révolution de 1848. Il le fait par le petit bout de la lorgnette, en se concentrant sur un quartier du faubourg Saint-Antoine. Et c’est passionnant. 

Le dernier Matisse

L’exposition « Matisse 1941-1954 », qui se tient au Grand Palais, fait partie de ces événements qui rythment la vie culturelle. On l’attendait, on craignait d’être déçus. On y découvre le travail des dernières années, plongeant dans une manière de créer, on y comprend mieux le peintre. 

La boutique des horreurs chlorophylliennes

Dans L’individualité des plantes, Quentin Hiernaux démonte bon nombre de lieux communs relatifs à l’univers végétal. Il nous fournit ainsi avec clarté un terrain de réflexion pour penser la crise écologique.