238

Journal de la littérature, des idées et des arts 18/02 – 03/03 2026

En attendant Nadeau

Vitaliano Trevisan, Works,
Vitaliano Trevisan © Sophie Bassouls

Mémoire fleuve

Testament littéraire de Vitaliano Trevisan (1960-2022),Works questionne le travail sous tous ses aspects. Sa faconde inépuisable en fait une sorte de Recherche du temps perdu de l’Italie berlusconienne.

Éditorial

Une exigence morale

Mais pourquoi donc encore parler de Stefan Zweig ? Pfff… Ringard, inutile, facile… N’a-t-on pas tout dit de lui, de son parcours, tout édité de son œuvre ? Ne l’a-t-on pas assez institué en figure exemplaire ? Et bien non, il faut s’y obstiner ! D’abord, tout simplement, parce qu’on ne boude pas le plaisir de plonger dans ses lettres à ses amis français. Et puis parce que le lire nous pousse à interroger notre place dans la société européenne et dans le monde, à réfléchir notre provenance et notre identité intellectuelle et morale. Parce qu’il nous oblige à un humanisme qui urgemment doit être remis au centre de nos vies !

Sommaire

Chloé Zhao
Hamnet
par Dominique Goy-Blanquet
William Shakespeare
Hamlet
par Dominique Goy-Blanquet
Louise Tassin, Comme on les enferme. Dans les centres de rétention, de Paris à Lampedusa
Camp de Rivesaltes, centre de rétention pour les immigrants clandestins de 1986 à 2007 © CC BY-SA 3.0/Yeza/WikiCommons

Entreprise de morale aux frontières

Il nous manquait une vue de l’intérieur de ces lieux d’enfermement que sont les centres de rétention administrative. Avec Comme on les enferme, Louise Tassin comble cette lacune d’une façon tout à fait remarquable.
Youssef ou la fidélité à soi. Une enquête sur l’engagement, la violence et l’exil, Johanna Siméant-Germanos
Youssef au jardin (Détail) © Photographie fournie par Nicolas Patris

Youssef, une expérience vécue

Dans Youssef ou la fidélité à soi. Une enquête sur l’engagement, la violence et l’exil, Johanna Siméant-Germanos relate la trajectoire bouleversante d’un Tunisien violenté par la police française, avant d’être torturé en Tunisie. Elle aborde ainsi les questions du racisme et du militantisme.
Tous les mercredis, notre newsletter vous informe de l’actualité en littérature, en arts et en sciences humaines.
Elsa Régis, Un abri pour Lampedusa,
Lampedusa (2008) © CC-BY-SA-4.0/Olivier Jobard/European Communities

Les odeurs d’un été

Avec Un abri pour Lampedusa, Elsa Régis propose une méditation sur la solidarité, l’empathie et la mémoire. Un premier roman d’autant plus précieux que l’hécatombe en Méditerranée se poursuit dans l’indifférence générale.
Salomé Botella | Pas si tant.
« Salle à manger donnant sur le jardin », Pierre Bonnard (1934) © CC0/WikiCommons

Faire son trou

Difficile de se défaire du milieu auquel on appartient, surtout quand on l’aime. C’est ce que transmet le très beau premier roman de Salomé Botella, Pas si tant, dans une prose poétique grisante et sensible.
Peter Geimer Mouches. Un portrait
« Portrait d’un Chartreux », Petrus Christus (1446) (Détail) © CC0/The Metropolitan Museum

Petite bête, grands effets

Que peut être la mouche, si ce n’est un insecte dérangeant ? Un objet de méditation, répond Peter Geimer dans Mouches. Un portrait, essai très riche au croisement de l’histoire de l’art et de celle des sciences.
La solitude selon Lydia Erneman, la langue intensément poétique du Norvégien Rune Christiansen
« Prochaine neige », Pekka Halonen (1931) © CC0/WikiCommons

De neige, de lumière et de sang

Dans La solitude de Lydia Ernemann, la langue intensément poétique du Norvégien Rune Christiansen raconte les vivants, les épreuves et les émerveillements qui peuplent le monde d’une jeune vétérinaire.
Contribuez à l’indépendance de notre espace critique
Frans Masereel
« Les Fumées », Frans Masereel (1920) © Musées de la Ville de Strasbourg/Adagp, Paris, 2026

Pousser le cadre

Une exposition à Épinal et son catalogue présentent dans tous ses aspects le travail de Frans Masereel. On y découvre l’œuvre d’un artiste engagé qui sut décrire avec une vive acuité la modernité du premier vingtième siècle.
Les fantômes de Hamlet n'ont pas cessé de nous hanter. En témoignent un film de Chloé Zhao, une mise en scène d'Ivo Van Hove et une nouvelle traduction de l’œuvre de Shakespeare par Frédéric Boyer.
« Hamlet » d’après William Shakespeare, mise en scène d’Ivo Van Hove à l’Odéon (2026) © Jan Versweyveld

Hamlet toujours recommencé

Les fantômes de Hamlet n’ont pas cessé de nous hanter. En témoignent un film de Chloé Zhao, une mise en scène d’Ivo Van Hove et une nouvelle traduction du drame de Shakespeare par Frédéric Boyer.
Pascal Quignard, Il n’y a pas de place pour la mort
Pascal Quignard © Jean-Luc Bertini

Le bonheur de l’adieu

On retrouve dans Il n’y a pas de place pour la mort la plupart des thèmes qui obsèdent Pascal Quignard. Mais on a l’impression étonnante d’y redécouvrir une voix. C’est un texte qui obéit à un resserrement qui les pare d’un éclat, d’une force nouvelle.
Andrea Bajani L'anniversaire
Andrea Bajani © Adolfo Frediani

Destruction d’une famille

L’anniversaire d’Andrea Bajani semble écrit pour une époque qui interroge l’intime et les structures de nos existences. Avec une froideur implacable, le romancier italien explore le fonctionnement impitoyable d’une famille. Impressionnant.
Aline Cateux |Mostar : ceci n’est pas une ville
« Mostar », Agence Rol (1927) © Gallica/BnF

Une ville innommable

Avec Mostar : ceci n’est pas une ville, l’anthropologue Aline Cateux poursuit un travail majeur sur l’histoire de la Bosnie. Fruit de nombreux voyages, son livre fait le bilan d’une ville totalement changée par la guerre des années 90.
Matias Riikonen, Matara
Sentier (France, 2023) © Jean-Luc Bertini

Adieu Matara

Conjuguant Plutarque, La guerre des boutons et Cormac McCarthy, Matara du Finlandais Matias Riikonen s’impose comme un classique immédiat. Un récit d’une justesse et d’une intensité rares sur l’adolescence, la nature et la violence.

M. Fox, Gros Nounours et M. Langue

Dans Fox, Joyce Carol Oates nous plonge dans la tête d’un pédocriminel. Un livre ample qui, s’il dérange profondément, rappelle que la littérature peut explorer avec obstination la psyché humaine.

« À l’écoute des fureurs du continent » : entretien avec Bernard Magnier

Homme de rencontres, Bernard Magnier publie une nouvelle édition de son anthologie Poésie d’Afrique au sud du Sahara. Pourquoi et comment entendre les voix qu’on y découvre ? Un plaidoyer pour la diversité tous azimuts.

L’autre que l’on hait, il pue

Trois ouvrages importants viennent de paraître qui touchent à diverses sphères douloureuses de l’existence humaine : la haine, le mépris et la colère. Ces mauvaises passions sont envisagées surtout dans leur dimension sociale.