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Journal de la littérature, des idées et des arts 18/02 – 03/03 2026

En attendant Nadeau

Johann Peter Hebel, Historiettes, traduites de l’allemand et présentées par Frédéric Metz, Rennes, Pontcerq, 2026. Frédéric Metz, Hebel - le levier
Fac-similés de l’almanach « L’Ami de la maison du pays rhénan ». D’après l’édition de Ludwig Rohner : « Wiesbaden, Akademische Verlagsgesellschaft Athenaion » (1981) © D.R.

Hebel, citoyen du monde et ami de la maison

L’écrivain de langue allemande Johann Peter Hebel (1760-1826) est peu connu en France et partout oublié. La nouvelle édition de ses Historiettes contribuera à restaurer son prestige, qui fut immense.

Éditorial

Une exigence morale

Mais pourquoi donc encore parler de Stefan Zweig ? Pfff… Ringard, inutile, facile… N’a-t-on pas tout dit de lui, de son parcours, tout édité de son œuvre ? Ne l’a-t-on pas assez institué en figure exemplaire ? Et bien non, il faut s’y obstiner ! D’abord, tout simplement, parce qu’on ne boude pas le plaisir de plonger dans ses lettres à ses amis français. Et puis parce que le lire nous pousse à interroger notre place dans la société européenne et dans le monde, à réfléchir notre provenance et notre identité intellectuelle et morale. Parce qu’il nous oblige à un humanisme qui urgemment doit être remis au centre de nos vies !

Sommaire

Chloé Zhao
Hamnet
par Dominique Goy-Blanquet
William Shakespeare
Hamlet
par Dominique Goy-Blanquet
LECTURE DU JOUR
"Les Buddenbrook", Thomas Mann
Couverture des « Buddenbrook » de Thomas Mann aux éditions S. Fischer Verlag (1903) (Détail) © CC BY-SA 3.0/H.-P.Haack/WikiCommons

« C’est quand la maison est finie que la mort s’installe »

Le succès des Buddenbrook de Thomas Mann ne se dément pas. La nouvelle traduction d’Olivier Le Lay apporte à ce roman monumental une indéniable fraîcheur.
LECTURE DU JOUR
Stephan Zweig « Je ne me suis jamais senti un étranger en France ». Lettres à mes amis français
« Le Jardin du Luxembourg », Alice Bailly (1907) © Gallica/BnF

Quand Zweig écrivait en français

« Je ne me suis jamais senti un étranger en France », anthologie de 420 lettres sous toutes les formes de la correspondance moderne, adressées par Stefan Zweig à des Français, constitue un magnifique travail.
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Fanny Taillandier, Sicario bébé,
Tablette d’Ecstasy © CC0/WikiCommons

« Ça part de là »

Sicario bébé, roman noir de Fanny Taillandier, envoie ses héros pleins d’envie de vivre se heurter à une société d’exclusion. C’est une ode à l’amour et à l’amitié.
Luigi Pareyson, Vérité et interprétation
« Composition IX », Theo van Doesburg (1918) © CC0/WikiCommons

Pareyson, résistant philosophe

La traduction en français de Vérité et interprétation de Luigi Pareyson, cinquante-cinq ans après sa parution en Italie, est un événement. L’auteur s’y livre à une défense et illustration de la philosophie contre les idéologies, et contre toute réduction de la pensée au pragmatisme technicien.
Vitaliano Trevisan, Works,
Vitaliano Trevisan © Sophie Bassouls

Mémoire fleuve

Testament littéraire de Vitaliano Trevisan (1960-2022),Works questionne le travail sous tous ses aspects. Sa faconde inépuisable en fait une sorte de Recherche du temps perdu de l’Italie berlusconienne.
Louise Tassin, Comme on les enferme. Dans les centres de rétention, de Paris à Lampedusa
Camp de Rivesaltes, centre de rétention pour les immigrants clandestins de 1986 à 2007 © CC BY-SA 3.0/Yeza/WikiCommons

Entreprise de morale aux frontières

Il nous manquait une vue de l’intérieur de ces lieux d’enfermement que sont les centres de rétention administrative. Avec Comme on les enferme, Louise Tassin comble cette lacune d’une façon tout à fait remarquable.
Youssef ou la fidélité à soi. Une enquête sur l’engagement, la violence et l’exil, Johanna Siméant-Germanos
Youssef au jardin (Détail) © Photographie fournie par Nicolas Patris

Youssef, une expérience vécue

Dans Youssef ou la fidélité à soi. Une enquête sur l’engagement, la violence et l’exil, Johanna Siméant-Germanos relate la trajectoire bouleversante d’un Tunisien violenté par la police française, avant d’être torturé en Tunisie. Elle aborde ainsi les questions du racisme et du militantisme.
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Elsa Régis, Un abri pour Lampedusa,
Lampedusa (2008) © CC-BY-SA-4.0/Olivier Jobard/European Communities

Les odeurs d’un été

Avec Un abri pour Lampedusa, Elsa Régis propose une méditation sur la solidarité, l’empathie et la mémoire. Un premier roman d’autant plus précieux que l’hécatombe en Méditerranée se poursuit dans l’indifférence générale.
Salomé Botella | Pas si tant.
« Salle à manger donnant sur le jardin », Pierre Bonnard (1934) © CC0/WikiCommons

Faire son trou

Difficile de se défaire du milieu auquel on appartient, surtout quand on l’aime. C’est ce que transmet le très beau premier roman de Salomé Botella, Pas si tant, dans une prose poétique grisante et sensible.
Peter Geimer Mouches. Un portrait
« Portrait d’un Chartreux », Petrus Christus (1446) (Détail) © CC0/The Metropolitan Museum

Petite bête, grands effets

Que peut être la mouche, si ce n’est un insecte dérangeant ? Un objet de méditation, répond Peter Geimer dans Mouches. Un portrait, essai très riche au croisement de l’histoire de l’art et de celle des sciences.
La solitude selon Lydia Erneman, la langue intensément poétique du Norvégien Rune Christiansen
« Prochaine neige », Pekka Halonen (1931) © CC0/WikiCommons

De neige, de lumière et de sang

Dans La solitude de Lydia Erneman, la langue intensément poétique du Norvégien Rune Christiansen raconte les vivants, les épreuves et les émerveillements qui peuplent le monde d’une jeune vétérinaire.
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Frans Masereel
« Les Fumées », Frans Masereel (1920) © Musées de la Ville de Strasbourg/Adagp, Paris, 2026

Pousser le cadre

Une exposition à Épinal et son catalogue présentent dans toutes ses formes le travail de Frans Masereel. On y découvre l’œuvre d’un artiste engagé qui sut décrire avec une vive acuité la modernité du premier vingtième siècle.
Les fantômes de Hamlet n'ont pas cessé de nous hanter. En témoignent un film de Chloé Zhao, une mise en scène d'Ivo Van Hove et une nouvelle traduction de l’œuvre de Shakespeare par Frédéric Boyer.
« Hamlet » d’après William Shakespeare, mise en scène d’Ivo Van Hove à l’Odéon (2026) © Jan Versweyveld

Hamlet toujours recommencé

Les fantômes de Hamlet n’ont pas cessé de nous hanter. En témoignent un film de Chloé Zhao, une mise en scène d’Ivo Van Hove et une nouvelle traduction du drame de Shakespeare par Frédéric Boyer.