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Journal de la littérature, des idées et des arts 01/04 – 14/04 2026

En attendant Nadeau

Jeanne Favret-Saada, L’impossible famille Rivière. Retour sur un triple meurtre en 1835, Gallimard, Bibliothèque des sciences humaines, 2026, 357 p. 23 euros
« Un parricide », A. Mauger (XIXᵉ s.) (Détail) © CC0/Paris Musées/Musée Carnavalet – Histoire de Paris

Le genre d’un crime

Dans L’impossible famille Rivière, Jeanne Favret-Saada livre un nouveau regard sur Pierre Rivière, le matricide dont Michel Foucault avait publié le mémoire autobiographique. Ce faisant, elle nous offre une magistrale leçon d’anthropologie historique.

Éditorial

Ça commence à nouveau

Il y a quelque chose dans le monde d’aujourd’hui qui nous accable. Comme si le désastre était devenu l’habitude. Que les récits horrifiques de notre époque ne faisaient que s’empiler les uns sur les autres, s’effaçant irrémédiablement. Nous devons faire face à cette atonie. C’est une urgence vitale. Malgré l’espèce de désespoir qui nous saisit parfois, nous cherchons des voies pour penser, surseoir à l’usure de l’effroi et de l’indifférence.

Sommaire

Gilles Foucqueron
Encyclopédie de Saint-Malo
par Jean-Paul Champseix
Martin Breaugh
L’expérience plébéienne. Une histoire discontinue de la liberté politique
par Marc Lebiez

Tous les mercredis, notre newsletter vous informe de l’actualité en littérature, en arts et en sciences humaines.
Inger Christensen. Ça. Traduit du danois et préface de Janine Poulsen (La rumeur libre, 2025) Inger Christensen. La vallée des papillons. Alphabet et autres poèmes.
Gouache noire sur papier photo (2003) © CC0/Flickr

Les choses comme elles sont

Ça, dont la traduction française vient de paraître, est sans nul doute l’œuvre majeure de la poète danoise Inger Christensen. C’est une somme merveilleuse, un magnifique résumé de toutes les angoisses du vingtième siècle.
Seamus Heaney, 100 poèmes,
« La Baie », Roderic O’Conor (1913) © CC0/WikiCommons

Seamus Heaney, « mystérieux et accessible »

100 poèmes, anthologie captivante, retrace le cheminement du grand poète irlandais Seamus Heaney. Elle s’adresse aussi bien aux amateurs de l’auteur qu’à ceux qui ne l’étaient pas encore.
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Charlène Descollonges, Eaux vives. Pour une hydrologie régénérative
Big Bend National Park (Texas) © Jean-Luc Bertini

Le savoir du castor

Charlène Descollonges publie Eaux vives, un manifeste pour l’hydrologie régénérative. Cette science récente vise à revitaliser les cycles de l’eau, en tirant notamment des enseignements de l’activité des castors et de l’influence des arbres.
Romaric Godin, Le problème à trois corps du capitalisme, sur la gestion autoritaire du désastre (et les moyens de lui faire face)
La fabrique des consommateurs © CC BY-SA 2.0/r2hox/Flickr

L’hydre capitaliste

L’analyse et les propositions de Romaric Godin dans Le problème à trois corps du capitalisme sont intéressantes et stimulantes. Par certains aspects, elles appellent cependant à être discutées.
Frédéric Fruteau de Laclos, Bruno Latour et l’anthropologie des modernes. Contre-enquête, Paris, Librairie Philosophique J. Vrin, 2026, coll. « Moments philosophiques », 186 p, 12€
« Un jour poulet, toujours poulet », László Moholy-Nagy (1925) © CC0/WikiCommons

Penser avec et contre Latour

Dans son dernier livre, Frédéric Fruteau de Laclos réunit plusieurs lectures de Bruno Latour qui témoignent de l’évolution de son rapport à cet auteur. La « contre-enquête » qu’il propose multiplie les perspectives interprétatives et critiques.
Michel Naepels, Chroniques de l’intranquillité. Violence, prédation et protection en situation postcoloniale,
Démobilisation des Maï Maï au Nord Katanga (2009) © CC BY 2.0/Radio Okapi/Flickr

Le quotidien de la violence postcoloniale

Comment vivre dans une région où règnent la violence et la prédation ? Contribution essentielle, les Chroniques de l’intranquillité de Michel Naepels mettent en lumière les stratégies des villageois du Katanga pour y faire face. C’est aussi une réflexion éclairante sur les pouvoirs et les limites de l’anthropologie.
Alexander Kluge
« Le Déluge », John Martin (1834) (Détail) © CC0/WikiCommons

L’angoisse lucide

Alexander Kluge a imposé des formes discontinues pour penser notre monde. Inscrivant son expérience dans un temps long, il l’a reliée à d’autres, à des textes, des évènements. Revenons sur une œuvre exceptionnelle qui nous offre une angoisse lucide.
DOSSIER
Alexander Kluge Chronique des sentiments En attendant Nadeau
Alexander Kluge © Markus Kirchgessner

L’œuvre gigantesque d’Alexander Kluge

L’un des plus grands écrivains allemands est mort à 94 ans. EaN revient sur le travail obstiné, puissant et discret d’Alexander Kluge. Nous vous invitons à relire l’ample entretien qu’il nous accordait en 2018, un texte inédit qu’il offrait à notre journal et deux lectures de ses livres.
Pínar Selek, Lever la tête.La recherche interdite sur la résistance kurde, Université Paris Cité Editions
Combattants du PKK, brandissant les drapeaux du PKK, du KCK, des HPG et des YJA-Star (2014) © CC-BY-2.0/Kurdishstruggle/WikiCommons

Par-delà la recherche empêchée

La sociologue et écrivaine Pinar Selek publie Lever la tête. Elle y reconstitue l’enquête sur la résistance kurde dont les matériaux lui avaient été confisqués par la police turque. En une magistrale leçon de sociologie, poignante et passionnante.
Elsa Deck Marsault, La Violence en spectacle. Féminisme, État punitif et figure de la victime
« Le code pénal », illustrations de Jean Dratz (1950) (Détail) © CC-BY-2.0/Yale Law Library/Flickr

Violence en spectacle, luttes féministes en débâcle

Dans La violence en spectacle, Elsa Deck Marsault montre la nécessité que les luttes féministes soient guidées par la justice transformatrice. Un ouvrage précieux à l’heure où se renforcent les ambitions répressives de l’État.
Annemarie Schwarzenbach
Annemarie Schwarzenbach (vers 1930) © CC0/WikiCommons

Liebe Annemarie

luvan, écrivaine et traductrice, adresse une lettre d’amour et d’admiration à Annemarie Schwarzenbach, dont vient de paraître la première traduction française de Paris. Une lettre qui arrive à exprimer la manière, vivante, charnelle, dont les textes nous traversent.
Anne F. Garréta, DJ. Portrait de l’artiste en animale nocturne
Anne Garréta, photographiée par Sophie Totchilkine © collection Anne F. Garréta

Le tedium et la transe

Anne F. Garréta possède une qualité rare, celle de marier les contraires. Elle le prouve à nouveau dans un livre désordonné et sidérant, DJ. Portrait de l’artiste en animale nocturne.

En bref : du sérieux et de l’érotique

Notre chronique « En bref » s’arrête aujourd’hui sur des œuvres de Jérôme Heurtaux, Tom Simonite, Philippe Annocque, Chico Buarque et Néhémy Dahomey.

Vivre de dalles et de fissures

La voie, deuxième roman de Gabriel Tallent après My absolute darling, est à la fois tranchant et lumineux. L’auteur y fait vivre des personnages équivoques et terriblement humains.

Gouttes magiques d’une science-fiction féministe

Dans Elles rêveront dans le jardin, l’écrivaine mexicaine Gabriela Damián Miravete réussit à mêler la dystopie à l’utopie. Les douze nouvelles qui composent le recueil imaginent avec subtilité des remèdes aux maux actuels ou à ceux du passé colonial mexicain.