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Journal de la littérature, des idées et des arts 23/09 – 06/10 2026

En attendant Nadeau

La Hantise, Jean-Philippe Toussaint
Jean-Philippe Toussaint © Jean-Luc Bertini

Les fantômes de Jean-Philippe Toussaint

Rentrée littéraire 2026 – Avec La hantise, Jean-Philippe Toussaint nous offre un vrai-faux roman d’espionnage en même temps qu’une variation sensible sur les fantômes qui nous habitent. Un livre d’une délicatesse et d’une légèreté virtuoses.

Éditorial

Raconter toujours

Marceline Loridan-Ivens disait qu’il ne faut « jamais renoncer à raconter des histoires ». La citation n’est peut-être pas exactement exacte, mais l’idée est bien là, logée, inscrite, indélébile. Oui, il faut raconter, raconter, raconter, obstinément. Toujours relancer la machine à fiction, reconduire les mots, les réenchanter, toujours se nourrir des livres, de ce qu’ils mettent à nu. C’est ce qui touche à l’os, à l’évidence existentielle, à nos raisons de vivre. Comme l’enjoignait Annie Dillard qui vient de disparaître dans En vivant, en écrivant, parlant de Thoreau : « Écris comme si tu étais en train de mourir. »

Sommaire

Céline Righi
La chambre fougère
par Grégory Rateau
W.E.B. Du Bois
La quête de la toison d’argent
par la rédaction d’EaN
C'était notre terre Mathieu Belezi
Alger. Rue Ben-Ali, Georges Maroniez (1901) © Gallica/BnF

La malédiction des colons

Rentrée littéraire 2026 – La réédition de C’était notre terre conclut la fresque impressionnante en cinq romans que Mathieu Belezi a consacrée à l’Algérie. Son écriture incandescente et polyphonique dit très justement la malédiction coloniale, ici pendant la guerre.
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Stéphane Giusti, Halte au feu
La Grande Poste d’Alger, devant laquelle eut lieu le 26 mars 1962 la fusillade meurtrière de la rue d’Isly (Alger, 1970) CC0/Wikicommons

Une journée tragique

Rentrée littéraire 2026 – Dans Halte au feu, Stéphane Giusti revient sur la fusillade du 26 mars 1962 à Alger, où une manifestation de pieds-noirs opposés à l’indépendance se solda par quarante-neuf morts mitraillés par l’armée. Un roman-mémoire particulièrement émouvant.
Un massacre en Kabylie  en mai 1956 », rédigé par Safia Kessas et Fabrice Riceputi
Village de Tigzirt sur son versant, au tournant du XXᵉ siècle © CC0/WikiCommons

Autopsie d’un massacre

Un massacre en Kabylie. Algérie, 1956 porte sur l’assassinat par trois compagnies de l’armée française de soixante-quinze Algériens. Un ouvrage précieux dans un contexte de révisionnisme historique insidieux du fait colonial et de ses violences.
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Je me demande pourquoi on ne peut pas dire non, tout simplement, Hollie McNish
« Deux Lys Calla sur du rose », Georgia O’Keeffe (1929) © CC0/Philadelphia Museum of Art

Entretien avec Hollie McNish : Dire tous les mots

Rentrée littéraire 2026 – La poétesse Hollie McNish nous parle de son dernier ouvrage, Je me demande pourquoi on ne peut pas dire non, tout simplement. Un livre libérateur dont la langue mordante déculpabilise le corps féminin et réhabilite les mots pour le dire.
Martine Delvaux, Divas,
Nina Simone (1982) © CC0/WikiCommons

Retrouver sa voix

Rentrée littéraire 2026 – La romancière et essayiste québécoise Martine Delvaux offre un hymne à la fois sombre et lumineux à celles qu’on appelle les « divas ». Ces chanteuses qui permettent à d’autres femmes de faire entendre une voix.
Emmanuelle Lambert, La meilleure
« Helena », Stanisław Ignacy Witkiewicz (1900) © CC0/WikiCommons

L’amie sur la photo

Rentrée littéraire 2026 – Dans La meilleure, Emmanuelle Lambert exhume quelques photos de famille sans jamais tomber dans les lieux communs. Avec sensibilité et humour, elle nous offre un magnifique livre d’amitié.
W. E. B. Du Bois, La quête de la toison d’argent Gabrielle Filteau-Chiba, La robe en feu Gün G. Ayurzana, La légende du chaman, Elie During et Dork Zabunyan, Deleuze en douze figures. Bréviaire des personnages conceptuels.
« Paysage rocheux », Max Beckmann (1949) © CC0/Saint Louis Art Museum

En bref

Notre chronique « En bref » s’arrête sur des romans de W.E.B. Du Bois et Gün G. Ayurzana, sur des poèmes de la Québécoise Gabrielle Filteau-Chiba, sur l’histoire potentielle du monde juif musulman qu’envisage Ariella Aïsha Azoulay. Et enfin sur l’ouvrage qu’Élie During et Dork Zabunyan consacrent à Gilles Deleuze.
La chambre fougère. Les souvenirs, les corps, les vieilles rancunes suivent le même cycle que les plantes qui traversent le roman. Céline Righi
« Bord de la forêt », Charlotte Buell Coman (1880) © CC0/Saint Louis Art Museum

Céline Righi au chevet des fantômes

Rentrée littéraire 2026 – Chaque personnage de La chambre fougère a sa manière d’habiter le monde sensible. Ce roman de Céline Righi possède la douceur mélancolique des fins d’automne et la persistance des histoires que l’on garde longtemps en soi.
Rien à voir, Gaëlle Obiégly
« Par la fenêtre », Arthur Garfield Dove (1939) © CC0/Saint Louis Art Museum

Quelques bribes d’un monde

Rentrée Littéraire 2026 – Dans Rien à voir, Gaëlle Obiégly revendique une audace et une inventivité qui bouleversent la fiction et renouvelle de façon magistrale l’art du roman. Entre essai autobiographique et fiction, son livre constitue une double performance littéraire et artistique. À ne surtout pas manquer !
La piqure d'abeille Paul Murray
Paul Murray (2026) © Jean-Luc Bertini

« J’écris sur des rêveurs » : entretien avec Paul Murray

Rentrée Littéraire 2026 – Dans La piqûre d’abeille, Paul Murray décrit le quotidien tragique d’une petite ville des Midlands d’Irlande et raconte les effets du krach de 2008. Un roman perspicace et poétique de haute volée.
Quai André-Citrën (ancien quai de Javel) à Paris / Philippe Janeada au Carré par Hugo Pradelle
Immeubles, quai André-Citroën © CC BY 2.0/Olive Titus/Flickr

Jaenada au carré

Rentrée littéraire 2026 – Plus qu’une simple enquête, L’inconnue du quai de Javel est un livre qui redonne du volume et du dynamisme à une œuvre. Philippe Jaeneda rend justice à une jeune femme bouleversante et nous invite à lire ses livres avec la lucidité qu’il faut. Une expérience jouissive ! 
La maison d’été, de Masashi Matsuie, raconte la fascination qu’exerce un maître architecte japonais.
Tour capsule de Nakagin (Japon) © CC-BY-2.0/ scarletgreen/Flickr

L’architecte idéal

Rentrée Littéraire 2026La maison d’été de Masashi Matsuie est un livre passionnant sur l’architecture. En lui conférant une dimension humaine, le roman explore comment les artistes nous fascinent et nous confrontent à l’idéal.
Enrique Vila-Matas approfondit encore avec Un canon de chambre noire
« 04 Percent », Arthur Dove (1942) © CC0/WikiCommons

Un fantôme de bibliothèque

Rentrée Littéraire 2026 –Avec Un canon de chambre noire, Enrique Vila-Matas poursuit son entreprise littéraire érudite et fantaisiste inimitable. Éloge des textes et des personnages, de nos bibliothèques, il défend une littérature qui fait vraiment jouer un rôle au lecteur.
Emotions
« Folie de la fiancée de Lammermoor », Émile Signol (1850) © CC0/WikiCommons

Au-delà des émoticons

C’est peu dire que les émotions ont le vent en poupe en philosophie. De Hume puis de la phénoménologie jusqu’à des travaux très récents, trois ouvrages nous aident à penser cet état de la philosophie aujourd’hui.
Olivier Rolin, La guerre éternelle
« La Procession du cheval de Troie dans Troie », Giovanni Domenico Tiepolo (1760) © CC0/WikiCommons

Troie, un mauvais départ ?

Rentrée Littéraire 2026 – Avec La guerre éternelle, Olivier Rolin interroge notre rapport à l’Iliade, plaçant le texte d’Homère en miroir des guerres de destruction modernes. Une superbe méditation sur l’Histoire et la littérature épique.