L’anniversaire d’Andrea Bajani semble écrit pour une époque qui interroge l’intime et les structures de nos existences. Avec une froideur implacable, le romancier italien explore le fonctionnement impitoyable d’une famille. Impressionnant.
par Gabrielle Napoli
| Littérature étrangère
Éditorial
Les traces et la marge
Quand un événement bouleverse le monde, il faut chercher la bonne manière de le dire, plutôt que de reproduire les discours tout faits qui l’accompagnent souvent. Ainsi, Patrick Boucheron, sur les traces de la peste depuis Justinien au VIe siècle jusqu’à ses dernières résurgences à Madagascar en 2017, en fait une histoire non exhaustive mais profondément dramatique. À partir de « sources foisonnantes – archéologiques, historiques, épidémiologiques, mais aussi artistiques et fictionnelles – qui y forment autant de récits faisant entendre leurs propres voix », il montre que l’histoire résonne jusqu’au présent et que, « si le monde ne change pas après la peste, sans doute s’énonce-t-il différemment d’après elle ».
Sommaire
Marion Quantin Ton cadavre exquis par la rédaction d’EaN
Alain Faure (présentation) Les souvenirs de Léontine Oudot. La Commune, une affaire de famille par la rédaction d’EaN
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Dans Fox, Joyce Carol Oates nous plonge dans la tête d’un pédocriminel. Un livre ample qui, s’il dérange profondément, rappelle que la littérature peut explorer avec obstination la psyché humaine.
Dreams, le nouveau film de Michel Franco, confirme le tournant états-unien du réalisateur. Il témoigne surtout de sa sobriété et de sa capacité à rendre compte de la violence sociale et du monde contemporain.
par Valentin Hiegel
| Cinéma
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En ces temps où nous sommes chaque jour plus surveillés, il est impératif de questionner les images. Même celles que vous ne voyons pas ! Martin Drago et Pauline Chasseray-Peraldi nous y invitent avec lucidité et exigence.
Conjuguant Plutarque, La guerre des boutons et Cormac McCarthy, Matara du Finlandais Matias Riikonen s’impose comme un classique immédiat. Un récit d’une justesse et d’une intensité rares sur l’adolescence, la nature et la violence.
On retrouve dans Il n’y a pas de place pour la mort la plupart des thèmes qui obsèdent Pascal Quignard. Mais on a l’impression étonnante d’y redécouvrir une voix. C’est un texte qui obéit à un resserrement qui les pare d’un éclat, d’une force nouvelle.
par Marie Étienne
| Littérature française
Hommage – « Tout le monde n’a pas un phare dans sa vie, / mais j’en ai dans la mienne », écrivait Cees Nooteboom, grand prosateur et poète néerlandais qui est mort le mercredi 11 février 2026 à l’âge de 92 ans. Pour rendre hommage à une œuvre marquante, généreuse et ouverte, nous republions notre lecture de 533, étrange journal de Minorque, et l’une des premières livraisons de notre chronique « À l’écoute » qui s’ouvrait sur son Œil du moine.
Pendant une grande part de sa vie, chaque année, Cees Nooteboom a séjourné à Minorque. Il a tiré une sorte d’étrange et intrigant journal insulaire de ces longs séjours. Le texte de 533 : Le livre des jours est à l’image d’une vie, d’une langue, d’une passion.
La deuxième livraison de notre chronique consacrée à la poéise s’ouvrait sur une lecture de L’œil du moine et d’Adieu de Cees Nooteboom. Entre silence et profusion de la parole, on découvre l’équilibre d’une œuvre.
par la rédaction d’EaN
| Chroniques, Poésie
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Je suis une idiote de t’aimer de Camila Sosa Villada confirme le succès mérité des Vilaines. Avec audace et provocation, ces nouvelles expriment le courage d’une résistance et font un sacré pied de nez à une société odieuse et répressive.
Avec Tah l’époque, Oliver Lovrenski, dix-neuf ans, bouscule la littérature norvégienne. Brutal et radical, son livre raconte la vie des migrants et impose une langue d’une invention frappante qui interpelle.
Avec Mostar : ceci n’est pas une ville, l’anthropologue Aline Cateux poursuit un travail majeur sur l’histoire de la Bosnie. Fruit de nombreux voyages, son livre fait le bilan d’une ville totalement changée par la guerre des années 90.
Entremêlant la chronique et l’autobiographie au roman, Leonardo Padura signe, avec Aller à La Havane, un livre vif et étonnant sur une ville mythique qui ne ressemble à aucune autre. On y éprouve la capitale cubaine dans tous ses états.
L’intérêt pour l’ex-Allemagne de l’Est ne faiblit pas. La preuve : le roman de Charlotte Gneuss Les jours heureux de l’enfance et la somme précieuse que l’historien Nicolas Offenstadt vient de consacrer à la RDA.
La révolution jeune-turque de 1908 demeure largement ignorée. Dans Un printemps ottoman, François Georgeon comble une lacune historique et en explique les raisons avec érudition.