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Journal de la littérature, des idées et des arts 18/02 – 03/03 2026

En attendant Nadeau

Alessandro Portelli, Prendre la parole. L’histoire entre récits, imaginaires et dialogues
Les bûcherons descendent des « crummies » lorsqu’ils arrivent dans les bois. Long Bell Lumber Company (comté de Cowlitz, Washington, 1941) © CC0/Library of Congress

Les vertus de l’histoire orale

Le grand historien italien Alessandro Portelli, adepte de la micro-histoire, spécialiste des mondes ouvriers, est enfin traduit en français. Prendre la parole. L’histoire orale entre récits, imaginaires et dialogues rassemble vingt et un articles aptes à le faire découvrir.

Éditorial

Une exigence morale

Mais pourquoi donc encore parler de Stefan Zweig ? Pfff… Ringard, inutile, facile… N’a-t-on pas tout dit de lui, de son parcours, tout édité de son œuvre ? Ne l’a-t-on pas assez institué en figure exemplaire ? Et bien non, il faut s’y obstiner ! D’abord, tout simplement, parce qu’on ne boude pas le plaisir de plonger dans ses lettres à ses amis français. Et puis parce que le lire nous pousse à interroger notre place dans la société européenne et dans le monde, à réfléchir notre provenance et notre identité intellectuelle et morale. Parce qu’il nous oblige à un humanisme qui urgemment doit être remis au centre de nos vies !

Sommaire

Chloé Zhao
Hamnet
par Dominique Goy-Blanquet
William Shakespeare
Hamlet
par Dominique Goy-Blanquet

Dahlia de la Cerda, Mexico Médée
« Translucent serpent », Nychos (2016) (Détail) © CC-BY-SA-4.0/Isiwal/WikiCommons

Médée rédimée à Aztlán

Mexico Médée est un récit choral en six nouvelles entrelacées de l’écrivaine et activiste Dahlia de la Cerda. Une tragédie contemporaine dans un Mexique mythique où résonnent les voix des mères en quête de leurs enfants victimes du narcotrafic.
Bleue comme la rivière, de Louise Browaeys,
« Paysage. Lac de Genève », Alexej von Jawlensky (1915) © CC0/WikiCommons

Promener sa chienne intérieure

Dans Bleue comme la rivière, Louise Browaeys brasse malicieusement l’autofiction, le féminisme et l’air du temps. Rares sont les récits conjuguant aussi bien la nature et l’expérience quotidienne d’une femme.
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Je ne te trouverai pas deux fois dans ce même corps, Kettly Mars
Manifestation pour dénoncer le scandale PetroCaribe (Port-au-Prince, 2018) © CC-BY-SA-4.0/Rony D’Haiti/WikiCommons

Aimer en pays-lock

Je ne te trouverai pas deux fois dans ce même corps de Kettly Mars brûle d’une double urgence : aimer et lutter. Dans ce roman situé à Port-au-Prince, l’érotisme féminin se mêle magnifiquement au combat politique.
Le corset, roman de Vanessa Caffin
Des crayons © CC BY 4.0/André Fromont/Flickr

Une toute petite histoire des femmes

Le corset, roman de Vanessa Caffin, fait sourire et attendrit. En tissant des liens d’intimité entre ses personnages, l’autrice construit une communauté sororale où les rôles attribués aux femmes ne devraient plus les définir.
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"The Mastermind", Kelly Reichardt (2026) © Condor films
« The Mastermind », Kelly Reichardt (2026) © Condor films

Toutes lignes brisées

The Mastermind, écrit et réalisé par Kelly Reichardt, se déroule dans le Massachusetts en 1970. C’est un vrai-faux film de casse, simple et brillant, épuré et surréel.
Natacha Levet et Benoît Tadié, Les femmes de la Série noire "Factrice, triste factrice", Dolores Hitchens (Détail) © Gallimard
« Factrice, triste factrice », Dolores Hitchens (Détail) © Gallimard

Femmes de la Série noire : retour sur scène

Les quatre-vingts ans de la Série noire ont été l’occasion de rééditer certaines de ses premières autrices : Gertrude Walker, Marty Holland, Dolores Hitchens. Et de faire paraître une étude intéressante sur les femmes publiées par la collection.

Contre le règne des machines

« À l’écoute », chronique de poésie, célèbre aujourd’hui les œuvres de Jean Marc Sourdillon, François Rannou, Elvira Hernández et Francis Combes.

En bref

Notre chronique « En bref » s’arrête sur les œuvres de Daniel Oppenheim (sur Beckett), Dario Voltolini, Élisa Mignot, Constantin Sigov, Kadya Molodowsky et Marc Sagnol (sur Claude Lanzmann).
Vitaliano Trevisan, Works,
Vitaliano Trevisan © Sophie Bassouls

Mémoire fleuve

Testament littéraire de Vitaliano Trevisan (1960-2022),Works questionne le travail sous tous ses aspects. Sa faconde inépuisable en fait une sorte de Recherche du temps perdu de l’Italie berlusconienne.
Peter Geimer Mouches. Un portrait
« Portrait d’un Chartreux », Petrus Christus (1446) (Détail) © CC0/The Metropolitan Museum

Petite bête, grands effets

Que peut être la mouche, si ce n’est un insecte dérangeant ? Un objet de méditation, répond Peter Geimer dans Mouches. Un portrait, essai très riche au croisement de l’histoire de l’art et de celle des sciences.
Johann Peter Hebel, Historiettes, traduites de l’allemand et présentées par Frédéric Metz, Rennes, Pontcerq, 2026. Frédéric Metz, Hebel - le levier
Fac-similés de l’almanach « L’Ami de la maison du pays rhénan ». D’après l’édition de Ludwig Rohner : « Wiesbaden, Akademische Verlagsgesellschaft Athenaion » (1981) © D.R.

Hebel, citoyen du monde et ami de la maison

L’écrivain de langue allemande Johann Peter Hebel (1760-1826) est peu connu en France et partout oublié. La nouvelle édition de ses Historiettes contribuera à restaurer son prestige, qui fut immense.
Elsa Régis, Un abri pour Lampedusa,
Lampedusa (2008) © CC-BY-SA-4.0/Olivier Jobard/European Communities

Les odeurs d’un été

Avec Un abri pour Lampedusa, Elsa Régis propose une méditation sur la solidarité, l’empathie et la mémoire. Un premier roman d’autant plus précieux que l’hécatombe en Méditerranée se poursuit dans l’indifférence générale.

Pareyson, résistant philosophe

La traduction en français de Vérité et interprétation de Luigi Pareyson, cinquante-cinq ans après sa parution en Italie, est un événement. L’auteur s’y livre à une défense et illustration de la philosophie contre les idéologies, et contre toute réduction de la pensée au pragmatisme technicien.

Continuer à ne pas mourir

Roman du deuil et de la perte, Ou vif se distingue par la justesse de l’expression. Chacune de ses pages montre qu’Anne Terral croit en la puissance évocatrice des mots.

Le décolonial au prisme de Castoriadis

Dans son dense essai Créer l’universel, Thibault Tranchant examine l’apport du courant décolonial au projet d’autonomie défendu par Cornelius Castoriadis. Sans doute aurait-il fallu rendre cet ouvrage exigeant un peu plus concret.