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251

Journal de la littérature, des idées et des arts 23/09 – 06/10 2026

En attendant Nadeau

Les lieux souterrains, roman fractal et volumineux sur l’histoire secrète qui lie les deux Amériques, et l’Europe, dans la seconde moitié du XXᵉ siècle, le Péruvien Gustavo Faverón Patriau
« Extraction de la pierre », Jérôme Bosch (1500) © CC0/WikiCommons

Histoire de la folie en Amérique

Rentrée littéraire 2026 – La passion du roman possède Gustavo Faverón Patriau qui, avec Les lieux souterrains, relève avec ardeur et audace le défi lancé par Borges ou Bolaño. On gagnera à le suivre dans le labyrinthe de son histoire de la folie en Amérique. 

Éditorial

Raconter toujours

Marceline Loridan-Ivens disait qu’il ne faut « jamais renoncer à raconter des histoires ». La citation n’est peut-être pas exactement exacte, mais l’idée est bien là, logée, inscrite, indélébile. Oui, il faut raconter, raconter, raconter, obstinément. Toujours relancer la machine à fiction, reconduire les mots, les réenchanter, toujours se nourrir des livres, de ce qu’ils mettent à nu. C’est ce qui touche à l’os, à l’évidence existentielle, à nos raisons de vivre.

Sommaire

Céline Righi
La chambre fougère
par Grégory Rateau
W.E.B. Du Bois
La quête de la toison d’argent
par la rédaction d’EaN
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Nadja
Nadja, « À garder sur vous » © Paris, Bibliothèque littéraire Jacques-Doucet.

L’autre Nadja

Cent ans après leur rencontre, paraît une nouvelle édition des lettres que Nadja a adressées à André Breton. Leur publication n’a pas seulement un intérêt littéraire, elle invite à s’interroger sur le sort réservé aux femmes en situation de détresse sociale et psychique.
Miranda Spieler, Esclaves à Paris. Vies cachées et histoires fugitives [2025], tr. de l’anglais par Marc Saint-Upéry, Paris, La Découverte, coll. « Histoire-monde », 2026, 331 p.
« Une sultane buvant du café », Charles André van Loo (1755) (Détail) © CC0/WikiCommons

Assignés à l’esclavage

Esclaves à Paris. Vies cachées et histoires fugitives, de l’historienne américaine Miranda Spieler, est un modèle d’écriture de l’histoire, appelé à devenir une référence incontournable.
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d’Osvalde Lewat Un corps indocile
Usine textile (Accra, Ghana) © CC-BY-2.0/Dominic Chavez/World Bank

Tribulations en Chinafrique

Rentrée littéraire 2026 – Un corps indocile, le second roman d’Osvalde Lewat, met à nu les intrications entre des destinées individuelles et les systèmes de domination socio-économiques qui les conditionnent. Cette vaste fresque sociale est particulièrement réussie.
Debout dans tes rêves Abdellah Taïa
un homme sur la plage © Jean-Luc Bertini

Seul le rêve

Rentrée littéraire 2026 – Dans Debout dans tes rêves, Abdellah Taïa explore la solitude dans une langue fluide et sans pathos. Il questionne le lien social à partir de la position de ses deux personnages principaux, un étudiant venu du Maroc en France et un enfant des quartiers aisés.
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Lavinia Braniste camping
Lavinia Braniste (2026) © Jean-Luc Bertini

Les désarrois d’une émigrée 

Rentrée littéraire 2026 – La romancière roumaine Lavinia Braniste raconte dans Camping l’histoire d’une émigrée ordinaire. Le récit d’une errance fondamentale que le livre transmet magnifiquement.
Jane Sautière, De la terre des pleurs un grand vent s’éleva
Jane Sautière © Jean-Luc Bertini

« Notre origine humaine »

Rentrée littéraire 2026 – Avec De la terre des pleurs un grand vent s’éleva, les exilés, tout à coup, existent pour nous qui ne faisons bien souvent que passer à côté d’eux. Jane Sautière fait surgir des visages, des prénoms, des bribes d’histoires, et nous ramène ainsi à notre condition humaine.
Selim Derkaoui, L’arabe du samedi soir
Stella © CC BY-NC-SA 2.0/Mohammad A. Hamama/Flickr

Un Arabe qui boit

Dans L’Arabe du samedi soir, Selim Derkaoui raconte avec une grande sensibilité une histoire de déni et d’aveuglement. Ceux du racisme qui brise les corps des jeunes hommes noirs et arabes dans les rares espaces où ils peuvent se défouler : l’ivresse et la nuit.
Addie E. Citchens Les révérentes
Addie E. Citchens © Britt Smith/Gallimard

Son of a Preacher Man

Rentrée littéraire 2026 – Les révérentes, premier roman de l’écrivaine américaine Addie E. Citchens, raconte la chute du fils d’un riche pasteur de manière à la fois tragique, comique et sensuelle. On assiste là à la naissance d’un grand talent.
Sasha Bonét les porteuses d'eau
Sasha Bonét © Les Léonides

Changer le cours de l’eau

Rentrée littéraire 2026 – Dans son premier ouvrage, Les porteuses d’eau, Sasha Bonét explore l’histoire de sa famille, de l’Amérique et du racisme. Elle campe la lignée de femmes dont elle est issue, en particulier sa grand-mère, avec tendresse, respect et lucidité.

Tentations eugénistes américaines

Rentrée littéraire 2026 – Dans son premier roman, Mon corps donné pour vous, Marouane Essadek retrace l’histoire de l’eugénisme aux États-Unis au début du vingtième siècle, à travers une jeune Américaine devenue malgré elle l’enjeu de débats scientifiques et juridiques.

Poésie des Amérindiens, Américains oubliés

Olivier Penot-Lacassagne a composé une précieuse anthologie de poèmes amérindiens contemporains. À l’écoute de voix rares, ce livre est une mosaïque de mondes, d’existences et d’imaginaires.

Entretien avec Hollie McNish : Dire tous les mots

Rentrée littéraire 2026 – La poétesse Hollie McNish nous parle de son dernier ouvrage, Je me demande pourquoi on ne peut pas dire non, tout simplement. Un livre libérateur dont la langue mordante déculpabilise le corps féminin et réhabilite les mots pour le dire.