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Journal de la littérature, des idées et des arts 13/05 – 26/05 2026

En attendant Nadeau

Exposition « Matisse 1941-1954 »
« La Tristesse du roi », Henri Matisse (1952) © Centre Pompidou, MNAM-CCI/Philippe Migeat/Dist. GrandPalaisRm

Le dernier Matisse

L’exposition « Matisse 1941-1954 », qui se tient au Grand Palais fait partie de ces événements qui rythment la vie culturelle. On l’attendait, on craignait d’être déçus. On y découvre le travail des dernières années, plongeant dans une manière de créer, on y comprend mieux le peintre. 

Éditorial

Quelle Méditerranée ?

Non une barrière, mais un brassage de cultures, d’échanges, de diversités. Notre dossier sur la Saison Méditerranée 2026 en témoigne d’emblée, avec quatre articles sur quatre pays différents, abordant la question du passage d’une langue à l’autre, de la traduction  – ou de son absence – et du plurilinguisme. Maya Ouabadi analyse deux livres posthumes d’Assia Djebar qui montrent combien cette écrivaine centrale des lettres algériennes était une « écouteuse des langues ». Chakib Ararou nous offre une synthèse passionnante sur la littérature marocaine arabophone du vingtième siècle, largement inédite en français.

Sommaire

Michèle Finck
L’arrière-silence
par la rédaction d’EaN
Bruno Grégoire
Et amarres invisibles
par la rédaction d’EaN

LECTURE DU JOUR
Jean-Christophe Gay (dir.) | Une géohistoire de la Côte d’Azur
Affiche de David Dellepiane (1866-1932) pour les trains rapides allant à la Côte d’Azur (Détail) © CC0/WikiCommons

Une mise en tourisme

La Côte d’Azur c’est la Promenade des Anglais, Saint-Trop’, le glamour de la Croisette et le commissaire Maigret les pieds dans l’eau… Mais comment est-elle devenue cette destination touristique mondiale ? Voici un livre dense et ambitieux qui nous raconte son histoire depuis le XVIIIe siècle.
Camille Ruiz, Un chien arrive
Une jeune fille et son chien © Jean-Luc Bertini

Chaos canin

Précis, rare et mélancolique, Un chien arrive, de Camille Ruiz, est un bel objet littéraire au croisement de l’essai et du récit intime. Un ouvrage qui fera date dans la littérature canine.
Jean-François Hamel entreprend, dans Les feuilles de l'après-mai
« Nous sommes le pouvoir ». Tract de Mai 68 © Gallica/BnF

Écritures de l’après-mai

Dans Les feuilles de l’après-mai, Jean-François Hamel montre la créativité des écritures contestataires et collectives du début des années 1970. Il  propose une analyse fine et originale de ces écritures subversives et follement inventives.
Aimé Césaire Kora Véron En attendant Nadeau
Couverture de « Discourse on Colonialism », Aimé Césaire (1952)© Monthly Review Press

Une nouvelle archive de « Cahier d’un retour au pays natal »

On fait souvent des trouvailles exceptionnelles dans les archives. Découvrir à la Bibliothèque de l’Alcazar de Marseille une version dactylographiée antérieure à celle publiée de Cahier d’un retour au pays natal d’Aimé Césaire fait lire autrement un poème phare. C’est une très belle surprise.
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Iman Mersal, poète et écrivaine égyptienne, enseigne la littérature arabe à l’université d’Alberta (Canada). Elle est traduite en français par Richard Jacquemond, professeur émérite de littérature arabe moderne à Aix-Marseille Université. Ils élaborent ici, à partir de leurs positions et de leurs expériences respectives, une réflexion originale sur les contraintes et les malentendus de l’exportation de cette littérature dans les centres français nord-américains de l’espace littéraire international, mais aussi sur la place de la traduction dans la culture arabe moderne.
Un texte multicolore transcrit sur fond noir parsemé de paillettes dorées. Le texte reprend des paroles en arabe de l’émir de Yatrib, de Batha et de Nahhaf, qui font référence aux paroles du prophète Mahomet © © CC BY 4.0/Wellcome Collection

L’arabe en partage

Saison Méditerranée 2026 – Iman Mersal, poète et écrivaine égyptienne, est traduite en français par Richard Jacquemond. Ils engagent ici un dialogue fécond sur la place de la traduction dans la culture arabe moderne.
Majdalani - S Méditerranée - Sarah
Fenêtre sur Beyrouth (2022) © D.R.

Sarah entre les mots et la guerre

Saison Méditerranée 2026 – La traductrice Sarah Chahine raconte comment elle a dû fuir la banlieue sud de Beyrouth, dès le premier jour de la guerre entre Israël et le Hezbollah. Et l’obstination qu’il lui faut pour poursuivre aujourd’hui son travail.
Littérature marocaine de langue arabe
« Sans titre », Karim Bennani (1976) © CC0/WikiCommons

Une marge vive : la littérature marocaine de langue arabe

Saison Méditerranée 2026 – Les livres marocains contemporains de langue arabe sont trop peu traduits. Premier volet d’une introduction stimulante à l’histoire de cette littérature qui refuse sa minoration et son effacement.
Assia Djebar, La beauté de Joseph, Éditions Barzakh, 128 p., 1000 da Mireille Calle-Gruber et Anaïs Frantz (dir.), Assia Djebar. Le manuscrit inachevé
Assia Djebar © CC BY-SA 4.0/WikiCommons

Assia Djebar : de l’écoute et des questions

Saison Méditerranée 2026 – Il faut lire ensemble La beauté de Joseph et Le manuscrit inachevé. Deux textes posthumes d’Assia Djebar qui éclairent sa pensée magistralement.  Elle y approfondit les sujets qui l’ont travaillée toute sa vie : les langues, la religion et la condition des femmes.
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Gaspard Koenig, Aqua,
Château d’eau de l’hôpital Marchant, Pierre Debeaux architecte (1963) © CC BY-SA 4.0/Vincent Boutin/WikiCommons

Crise de l’eau

Après Humus, Gaspard Koenig poursuit son projet de tétralogie sur les éléments. Aqua est un livre politique et satirique qui invite à mesurer la valeur de l’eau.
Quentin Hiernaux, L’individualité des plantes. Essai d’histoire et de philosophie de la biologie végétale,
« Février azur », Igor Grabar (1904) © CC0/WikiCommons

La boutique des horreurs chlorophylliennes

Dans L’individualité des plantes, Quentin Hiernaux démonte bon nombre de lieux communs relatifs à l’univers végétal. Il nous fournit ainsi avec clarté un terrain de réflexion pour penser la crise écologique.
Veronique Brindeau, Les arbres de Nagasaki
Hibakujumoku (Nagasaki) © CC0/WikiCommons

« Ombra mai fu »

Dans Les arbres de Nagasaki, Véronique Brindeau mène le lecteur à travers les rues de cette ville à la recherche des hibaku jumoku, « les arbres victimes de la bombe » qui survivent jusqu’à aujourd’hui.
Michèle Finck, L’arrière-silence, éditions Arfuyen, 224 p., 18€, Bruno Grégoire : Et amarres invisibles, Olivier Gallon - Phrase entendue dans un rêve, YarYna Chornohuz, C'est ainsi que nous demeurons libres, Karine Miermont, Les instants les merles, photographies de Bernard Plossu,  Mohamed El Amraoui – Migration -La rumeur libre Le blog des Découvreurs
« Qu’est ce qu’un poème ? » © Hélène Perret

Traits d’union poétiques

Dans le contexte d’aujourd’hui tout semble concourir au recul de la poésie, à son empêchement. Mais malgré les obstacles, il nous faut résister à la morosité et montrer obstinément sa valeur et son acuité.